Quand Waldemar Bastos décida de rester au Portugal plutôt que de rentrer dans son pays natal, l’Angola, alors en pleine guerre civile, dans les années 1970 il découvrit une musique qui allait changer sa vie : le fado, le “blues” portugais, où les histoires d’amours finissent mal et le destin en prend pour son grade. En incorporant des idées du fado à la musique traditionnelle africaine, Bastos regarda alors ce qu’il avait laissé derrière lui. Sa musique, a-t-il dit, offre une “réponse au fratricide en Angola, un message simple qui souligne la valeur de la vie.”
Sa musique devint populaire dans sa contrée d’origine mais, malgré le fait que les deux camps adoptèrent sa musique, il ne se sentit pas assez en sécurité pour y retourner jouer.
Pretaluz, sorti en 1998, raconte le cheminement de Bastos au travers d’une séries de méditations. Celles-ci font ressortir les motifs africains de la guitare aussi bien que les mélodies sentimentales du fado dans une musique sans limites, une musique qui connecte deux continents sans pour autant être ostentatoirement “multi-culturelle”. Chantant de sages aphorismes sur l’envie (“Kuribota”) ou pleurant, d’une voix tremblante, sur la cruauté de la guerre (“Sofrimento”), Bastos nous rappelle à tous l’horreur de la guerre mais aussi la beauté du monde et l’amour qui peuvent donner espoir à ceux engoncés dans des conflits à travers le monde.
Cecilia Bartoli est une des artistes lyriques les plus connues de notre époque. Cependant, elle est une cantatrice mezzo-soprano et le répertoire classique offre peu de premier rôle pour cette catégorie vocale ce qui l’a conduit à explorer des pièces peu connues et a notamment étudié de façon complète le répertoire d’Antonio Vivaldi, ce qui lui permet de chanter dans sa langue natale, l’italien.
Les titres majeurs :
05 – Zeffiretti, che sussurrate (Ercole sul Termodonte)
06 – Alma oppressa (La Fida Ninfa, Act 1 Scene 9)
08 – Sventurata navicella (Giustino, Act 2 Scene 13)
Pionnier du jazz minimaliste, Count Basie savait dire avec trois notes ce que certains anonnaient avec trente. Le pianiste, organiste, et leader, possédait une touche distinctive et une capacité rare à faire swinger son groupe avec un son ici et une note là.
Basie (1904-1984) est né dans le New Jersey et, après de brèves études, participa a des tournées de théatre et de musique à travers le pays jusqu’à ce qu’en 1929 il devienne le pianiste du groupe de Bennie Moten. Cette expérience de musicien de bals lui apprit que parfois les idées les plus simples sont les plus efficaces. Quand Moten décéda en 1935, Basie monta son propre groupe selon ce principe et s’y attacha pendant près de 50 ans.
Cette anthologie de 3 disques documente le premier grand groupe de Count Basie, autour de 1937, quand il venait d’arriver à New York. Les premiers rôles vont à la toride section rythmique (le guitariste Green, le batteur Jo Jones, le bassiste Walter Page, et Basie), une combinaison de talents énorme qu’on ne retrouva que rarement dans le jazz. Mais les seconds rôles ne sont pas oubliés pour autant avec des solistes exceptionnels : le trompettiste Buck Clayton et les saxophonistes Lester Young et Chu Berry (qu’on entend ici férocement batailler dans “Cherokee”) ou encore le chanteur Jimmy Rushing.
Hank Ballard se révéla pour la première fois au grand public en 1954 avec un trio de chansons grivoises immortalisant une fille s’appellant Annie. “Work with Me Annie” et ses deux suites (“Annie Had a Baby,” “Annie’s Aunt Fanny”) furent interdites d’antenne dans de nombreuses radios à cause de leurs paroles trop explicites mais toutes trois se vendirent à plus d’un million de copies et firent connaître la voix de Ballard (John Henry Kendricks de son vrai nom).
Hank avait sa recette pour plaire : mélanger une musique aux choeurs rappelant la ferveur sacrée du rhythm and blues et les doux miaulements de rythmes dansants (le tout recouvert de paroles pleines de doubles-sens).
Cependant, Ballard ne se contenta pas de titiller le public au fur et à mesure de la progression de sa carrière. Cet album de 1957 révèle un parolier d’un certain niveau, capable de douloureuses ballades blues et de pièces aussi dansantes que le doo-wop.
Album : The Balfa Brothers Play Traditional Cajun Music
Année : 1965
Genres : Folk
Les artistes :
La musique cajun a cela de remarquable qu’elle demande aux musiciens d’être à l’unisson en imposant un rythme commun et soutenu. Certains la comparent à un groupe de vieilles dames qui tricoteraient au même rythme : le triangle marque le rythme dans un style efficace et simple, suivent la guitare doucement grattée et les violons qui créent la mélodie.
Les Frères Balfa sont maîtres de ce travail d’horlogerie musicale et leur unisson permet de sublimer les valses et autres chansons de leur répertoire.
Les cinq frères (Dewey et Will aux violons, Rodney au chant, à la guitare et à l’harmonica, Burkeman au triangle et aux cuillers (instrument folk utilisé comme les castagnettes) et Harry à l’accordéon cajun) ont grandi entourés de musique cajun traditionnelle : leur père, un paysan, chantait les chansons françaises de ses ancêtres en travaillant, à une époque où les colons français du sud de la Louisiane parlaient anglais pour s’intégrer. La fratrie se contenta de petits bals jusqu’en 1964 où ils furent invités au Festival Folk de Newport en remplacement de dernière minute. Le succès fut réel mais n’a pas suffi à leur faire décrocher un enregistrement.
Dewey fit le tour des petits labels de la région et le propriétaire de Swallow Records, Floyd Soileau, leur refusa un contrat à deux reprises avant d’accepter d’enregistrer un single comme essai. Ce qui donna Play Traditional Cajun Music qui fut publié en 1965. Étonnamment, malgré le succès de l’album et le statut de derniers défenseurs de la culture cajun du groupe, il fallu attendre neuf ans à Swallow pour enregistrer une suite à cet album.
Ces deux albums sont disponibles sur le cd actuel et ont servis de base à la renaissance de la musique cajun au travers des années 70 et 80.
Vers la fin des années 60, Baby Huey et son groupe explosif était au top de la scène locale à Chicago mais peinait à se faire connaitre au delà. Le chanteur, pesant près de 160 kg à cause de problèmes de glandes, avait une voix faite pour crier et un vrai talent pour aussi bien délivrer les plus tendres messages de crooners que pour envoyer les messages plus brutaux du rock. En fait, le groupe était capable de jouer tout les genres en vogue au début des années 70.
Huey (qui tient son nom du personnage de dessin-animé) était l’attraction initiale mais les performances live du groupe de 10 musiciens ainsi que leur mélange de jazz et de rock attira l’attention de la légende Curtis Mayfield qui signa le groupe dans son label. Mayfield produisait le premier album de Baby Huey quand celui-ci fut victime d’une crise cardiaque dans sa chambre d’hôtel et s’éteignit à seulement 26 ans.
L’album n’était pas finit mais après quelques temps leur manager et Mayfield décidèrent de le compléter avec quelques pistes instrumentales. Il ne nous reste donc que quelques jolies pistes à écouter de cette voix “qui aurait pu”
Cet album de 4 disques représente le moment où Louis Armstrong (prononcez Louis à la française, lui-même l’écrivait Louie) transforma le jazz en un art pour solistes. Ces enregistrements fait à Chicago entre 1925 et 1928 sont les premiers enregistrements notables du genre et vont être les modèles sur lesquels seront basées les évolutions futures du jazz.
Alors qu’avant le jazz était essentiellement une histoire de quartet, quintet, ou autre nombre de têtes, et n’incorporait pas de passages solo. Les enregistrements Hot d’Armstrong rayonnèrent sur l’ensemble du genre : les instrumentistes copièrent son interprétation du genre et les arrangeurs commencèrent à utiliser des solos que ce soit pour des petits ou des grands groupes.